23/11/2015
Journée européenne de sensibilisation au bon usage des (...)

Les résultats d’une nouvelle enquête menée par l’OMS auprès de 10 000 personnes dans 12 pays montrent que 64% d’entre elles pensent à tort que les antibiotiques peuvent être utilisés pour soigner les rhumes et la grippe. En lançant la Première Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, a rappelé que l’augmentation de la résistance aux antibiotiques représente "un immense danger pour la santé mondiale".

La France s’est engagée depuis plusieurs années dans un plan d’actionsvisant à promouvoir le bon usage des antibiotiques.

Parmi ces mesures, on peut citer le renforcement des missions du référent en antibiothérapie à l’hôpital et un meilleur encadrement de la prescription pour les antibiotiques dits « critiques », de même qu’un renforcement du rôle des centres de conseils en antibiothérapie en ville.

L’expérimentation de la dispensation à l’unité des antibiotiques par les pharmaciens, l’intégration de recommandations de bonnes pratiques dans les logiciels métiers des prescripteurs et des antibiogrammes plus ciblés sont également des mesures essentielles. Enfin, en cas de non prescription d’antibiotique, un document d’information sera désormais remis au patient par le médecin.

Le projet de loi de modernisation de notre système de santé comporte désormais une disposition permettant de prendre par voie réglementaire des mesures pour prévenir l’apparition de résistances aux médicaments appartenant à la classe des antibiotiques. Au niveau européen, les discussions sur la création d’un statut spécifique pour les antibiotiques sont engagées.

Une lutte efficace contre la résistance bactérienne, passe par la promotion du bon usage des antibiotiques à la fois en médecine humaine et vétérinaire : la démarche « one health, une seule santé » est une préoccupation majeure en termes de santé publique. L’OMS a ainsi adopté un plan mondial sur l’antibiorésistance en mai 2015 lors de sa 68ème assemblée. Les échanges menés au cours du G7 ont abouti à une déclaration commune des Etats lors de la transatlantic taskforce sur l’antibiorésistance (TATFAR). La lutte contre l’antibiorésistance sera une des priorités annoncées par les Pays-Bas qui assureront la prochaine présidence de l’UE.

La recherche est enfin un axe fort de la lutte contre l’antibiorésistance par le biais de l’initiative européenne « Joint Programming Initiative on antimicrobial Resistance (JPI AMR) », dont un atelier de travail destiné à identifier les thérapeutiques de l’avenir s’est déroulé le 17 novembre au ministère des Affaires sociales de la santé et des droits des femmes, en parallèle du troisième colloque « One Health, une seule santé » coorganisé avec le ministère chargé de l’Agriculture.

Ce colloque du 17 novembre a été centré sur les avancées les plus récentes en matière de lutte contre l’antibiorésistance, tant en médecine humaine que vétérinaire, et a débuté par une information sur les actions entreprises par la Commission européenne et par l’OMS.

Après avoir traité des questions des consommations d’antibiotiques, des antibiotiques critiques, de la problématique des transmissions croisées de bactéries résistantes entre l’homme et l’animal, en médecine humaine, le rôle des structures régionales dans la lutte contre l’antibiorésistance et des nouvelles pistes thérapeutiques ont été abordés.

La consommation d’antibiotiques en médecine de ville a diminué en 2014, après trois années de hausse consécutive. Concernant les consommations à l’hôpital, elle est quasiment stable depuis 2006. Au regard de ces résultats, la mobilisation durable et déterminée des prescripteurs, des patients et des pouvoirs publics reste indispensable pour promouvoir le bon usage des antibiotiques.

S’agissant du recours aux antibiotiques dans le domaine vétérinaire, les résultats intermédiaires du plan national Ecoantibio sont satisfaisants : d’une part l’exposition des animaux aux antibiotiques a reculé de près de 13 % en 2012 et 2013 et d’autre part le taux de résistance des bactéries aux antibiotiques vétérinaires sont globalement en recul.

Ces bons résultats témoignent de l’engagement des éleveurs aux côtés des vétérinaires pour un usage prudent et raisonné des antibiotiques. Pour autant, les efforts doivent être maintenus afin d’atteindre l’objectif du Plan Ecoantibio d’une baisse de 25% de l’exposition des animaux aux antibiotiques sur la période 2012-2016.

Au niveau mondial, la lutte contre l’antibiorésistance doit s’intensifier dans chaque pays comme le préconisent les organisations sanitaires internationales (Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale de la santé animale - OIE).

La lutte contre l’antibiorésistance prend cette semaine un nouveau tournant, les initiatives se multiplient, la prise de conscience de ce problème majeur de santé publique est devenue collective et mondiale.