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1. Une démarche
« objectifs-résultats » appliquée
aux politiques de sécurité sociale s’inspirant
de la Lolf
Le pilotage et l’évaluation
des politiques constituent un axe central de la modernisation
de l’action publique. Dans la mesure où elles
engagent chaque année des dépenses publiques
atteignant près d’un quart de la richesse nationale,
les politiques de sécurité sociale requièrent
qu’une attention particulière soit portée
à leur efficience. A cet effet, le législateur
a souhaité, lors de la réforme en 2005 de
la loi organique relative aux lois de financement de la
sécurité sociale, annexer au projet de loi
de financement de la sécurité sociale une
annexe qui présente les grands objectifs poursuivis
par les politiques de sécurité sociale et
mesure les progrès réalisés vers ces
objectifs. Six « programmes de qualité et d’efficience
», portant sur les grandes politiques de sécurité
sociale – assurance maladie, réparation des
accidents du travail et des maladies professionnelles, retraites,
politique familiale, financement de la sécurité
sociale, prise en charge de l’invalidité, du
handicap et de la dépendance - composent cette annexe
1 au projet de loi de financement de la sécurité
sociale pour 2010.
Ces programmes transposent à
la sphère sociale la logique « objectifs-résultats
» qui est à l’œuvre dans les projets
annuels de performance associés aux projets de loi
de finances. Cette démarche n’est cependant
pas nouvelle pour la sécurité sociale, car
elle complète le dispositif d’objectifs, d’indicateurs
et de résultats mis en œuvre depuis 1996 en
matière de gestion et de service rendu aux usagers
à travers les conventions d’objectifs et de
gestion conclues entre l’État et les principales
caisses de Sécurité sociale, qui font l’objet
de l’annexe 2 au projet de loi de financement de la
sécurité sociale pour 2010.
Les programmes de qualité et
d’efficience ont l’ambition d’appréhender
de façon globale l’impact final des politiques
de sécurité sociale sur les conditions de
vie des Français. Une telle approche, qui sur ce
point se démarque de celle à l’œuvre
dans les projets annuels de performance, est respectueuse
des particularités des politiques de sécurité
sociale, dont les dépenses revêtent par essence
un caractère évaluatif, et qui sont mises
en œuvre par une pluralité d’acteurs,
rendant délicate l’identification des contributions
de chacun d’entre eux aux résultats finaux
de ces politiques.
2. Un outil structurant pour déterminer
les objectifs et analyser les performances des politiques
de sécurité sociale
Les programmes de qualité
et d’efficience comportent une présentation
stratégique qui rappelle les 26 objectifs assignés
aux politiques de sécurité sociale dans les
six domaines couverts (cf. le tableau ci-dessous), résume
les principaux résultats obtenus, et précise
les actions mises en œuvre par le Gouvernement et les
acteurs du système de sécurité sociale
afin de poursuivre ou d’infléchir ces résultats.
Les progrès réalisés au regard de chacun
des objectifs sont ensuite détaillés au moyen
d’un ensemble de 172 indicateurs, dont le choix est
justifié sur le plan méthodologique. 64 indicateurs
de cadrage permettent d’apprécier la nécessité
des mesures mises en œuvre dans les lois de financement
de la sécurité sociale passées ou dans
le projet de loi de financement de la sécurité
sociale pour 2010 au regard du contexte économique,
sanitaire, social et financier. Parmi les 108 indicateurs
« objectifs / résultats », 101 sont assortis
d’une cible quantifiée à une échéance
donnée ou d'une simple trajectoire d'évolution
jugée souhaitable.
Les objectifs
suivis par les programmes de qualité et d’efficience
du PLFSS 2010
| Programme maladie |
Programme AT/MP |
Programme retraites |
Programme famille |
Programme financement |
Programme invalidité et dispositifs
gérés par la CNSA |
| 1 - Assurer un égal accès aux
soins
2 - Développer la prévention
3 - Améliorer la qualité de prise
en charge des patients par le système de
soins
4 - Renforcer l'efficience du système
de soins et développer la maîtrise
médicalisée des dépenses
5 - Garantir la viabilité financière
de la branche maladie
|
1 - Réduire la fréquence et
la gravité des accidents du travail, des
accidents du trajet et des maladies profession-nelles
grâce à la prévention
2 - Améliorer la reconnais-sance des ATMP
et l'équité de la réparation
3 - Garantir la viabilité financière
de la branche ATMP
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1 - Assurer un niveau de vie adapté
aux retraités
2 - Offrir une plus grande liberté de
choix quant à l'âge de départ
en retraite
3 - Garantir la solidarité entre retraités
4 - Accroître l'emploi des salariés
âgés
5 - Garantir la viabilité financière
des régimes de retraite
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1 - Contribuer à la compen-sation financière
des charges de famille
2 - Aider les familles vulnérables
3 - Concilier vie familiale et vie profession-nelle
4 - Garantir la viabilité financière
de la branche famille
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1 - Garantir la viabilité financière
des régimes de base
2 - Veiller à l'équité du
prélèvement social
3 - Concilier le financement de la Sécurité
sociale et la politique de l'emploi
4 - Simplifier les procédures de financement
5 - Améliorer l'efficience de la gestion
financière et du recouvrement
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1 - Assurer un niveau de vie adapté
aux personnes invalides
2 - Répondre au besoin d'autonomie des
personnes handicapées
3 - Répondre au besoin d'autonomie des
personnes âgées
4 - Garantir la viabilité financière
de la Caisse nationale de solidarité pour
l’autonomie - CNSA
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Les objectifs retenus s’efforcent
de réaliser un équilibre entre des considérations
d’accessibilité des Français aux divers
dispositifs de sécurité sociale, d’adéquation
de la couverture aux besoins de protection sociale, d’efficience
de la fourniture de prestations, et de viabilité
du financement. Par exemple, le programme de qualité
et d’efficience «Maladie » examine successivement
les performances du système français de santé
et d’assurance maladie à l’aune de cinq
objectifs :
- l’accès aux soins, illustré
notamment par un indicateur portant sur la part des dépenses
de soins financées par les administrations publiques
;
- la promotion de la prévention
et la santé publique, analysée à
l’aide d’une sélection d’indicateurs
de suivi de la loi de 2004 sur la santé publique,
portant sur la consommation de tabac et d’alcool,
la participation au dépistages organisés
de certains cancers, ou la couverture vaccinale de certaines
populations ;
- l’amélioration de la
qualité de la prise en charge des patients par
le système de soins, documentée par des
indicateurs portant sur le respect du parcours de soins
par les assurés, ou par la prévalence des
infections nosocomiales dans les établissements
hospitaliers ;
- le renforcement de l’efficience
du système de soins et le développement
de la maîtrise médicalisée, avec un
accent mis sur le respect des objectifs conventionnels
de maîtrise des dépenses de soins ambulatoires,
et sur la réduction des écarts de productivité
entre établissements hospitaliers publics ;
- la viabilité financière
de la branche maladie, illustrée par des indicateurs
de solde de la Caisse nationale d’assurance maladie,
de respect de l’objectif national des dépenses
d’assurance maladie, ou d’impact des actions
de lutte contre les fraudes à l’assurance
maladie.
Grâce à la qualité
des informations qu’ils contiennent, les programmes
de qualité et d’efficience permettent d’enrichir
les échanges entre les différents acteurs
qui contribuent à la définition et à
la mise en œuvre des politiques de protection sociale.
Le Gouvernement, le Parlement et les partenaires sociaux
pourront s’appuyer sur les programmes pour identifier
les axes de progrès de notre système de sécurité
sociale et les leviers d’action susceptibles de réaliser
ces progrès. Les responsables administratifs, qu’il
s’agisse des administrations de l’État
ou des organismes nationaux de sécurité sociale,
y trouveront une aide pour améliorer l’efficacité
de leurs interventions.
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