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Conventions bilatérales de sécurité sociale

Le réseau français des conventions bilatérales de sécurité sociale

A quoi sert une convention bilatérale de sécurité sociale ?

Quel est l’intérêt pour la France de conclure des conventions bilatérales ?

Les conventions bilatérales de sécurité sociale ont-elles un avenir ?

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Le réseau français des conventions bilatérales de sécurité sociale

Au sein des instruments internationaux de sécurité sociale, les conventions bilatérales peuvent sembler bien modestes, surtout au regard des instruments européens (règlement 1408/71 et nouveau règlement 883/04 en particulier). Pour autant, leur importance ne doit pas être sous-estimée : avec un montant de paiements de 1.870 M€, le réseau des conventions bilatérales représente près de la moitié (43%) du total des prestations de sécurité sociale versées à l’étranger en 2004 (4.326 M€).

La France est aujourd’hui liée à 34 Etats par des conventions bilatérales de sécurité sociale (y comprises les conventions avec la Corée et le Japon non encore ratifiées à ce jour). Si on ajoute à ce dispositif les Etats de l’Union européenne, de l’Espace Economique Européen et la Suisse, le réseau français de sécurité sociale s’étend à 63 Etats. Comparé à ceux de nos principaux partenaires, le réseau français est ainsi l’un des plus importants : il n’est dépassé, et de très peu, que par le réseau britannique. La plupart des pays de l’Union européenne n’ont qu’une dizaine de conventions au-delà des Etats membres. Les Etats Unis ont un total de 24 conventions ; le Canada, 27.

Le réseau français de conventions bilatérales est, comme d’ailleurs les autres réseaux, très étroitement lié aux zones de l’influence traditionnelle : Europe, Afrique du Nord, Afrique francophone. Il est resté relativement stable depuis 20 ans : le nombre des nouvelles conventions depuis 1986 se limite en effet à 7 : Etats-Unis (1987), Congo (1987), Cameroun (1990), Philippines (1990), Chili (1999) Corée du Sud (2004) et Japon (2004).

Ce réseau couvre globalement de façon satisfaisante les intérêts démographiques et économiques de la France. Hors Europe, il couvre près de 65 % de la population française expatriée, 80 % de la population étrangère résidant en France, 49 % de nos importations et 55 % de nos exportations. Parmi les 20 premiers pays clients de la France, 17 sont couverts par le réseau. Parmi les 20 premiers pays fournisseurs de la France, 18 sont couverts par ce réseau. Enfin, seuls 3 des 30 pays de l’OCDE n’ont pas de convention de sécurité sociale avec la France : Australie, Mexique et Nelle Zélande.

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A quoi sert une convention bilatérale de sécurité sociale ?

Une première réponse, très classique, est de rappeler que les instruments internationaux de sécurité sociale ont pour objectif de coordonner les législations de sécurité sociale de deux (ou plusieurs) Etats au bénéfice des ressortissants de ces Etats qui se déplacent sur le territoire d’un autre Etat. Plus concrètement, il s’agit de traiter les questions soulevées par la protection sociale des travailleurs effectuant une mobilité internationale et, plus précisément, de neutraliser, au regard de la couverture sociale (en particulier des prestations de long terme), les effets de la mobilité internationale au cours de la carrière professionnelle.

Une fois ce rappel effectué, on voit aisément les différents objectifs que l’on peut poursuivre à travers une convention bilatérale :
- faciliter la libre circulation
- faciliter le recours à la main d’œuvre étrangère
- faciliter le maintien au pays des familles de travailleurs et/ou le retour des travailleurs
- obtenir des avantages concurrentiels ou limiter les avantages consentis à l’autre partie.

Ordinairement, les conventions bilatérales correspondent donc, pour tout ou partie, au schéma suivant :
- des dispositions relatives à la détermination de la législation applicable, destinées à éviter la double « imposition » ; elles rappellent l’application du principe selon lequel c’est la législation du territoire du lieu de l’activité professionnelle qui s’applique
- des dispositions dérogatoires (exemptions d’affiliation, détachement) qui permettent toutefois d’exercer sur le territoire d’un Etat tout en restant affilié aux régimes de l’Etat d’origine ;
- des dispositions de totalisation des périodes (pour la France, classiquement, prise en compte pour la durée d’assurance pensions des périodes accomplies sous l’autre législation ; totalisation des périodes pour l’ouverture du droit à l’assurance maladie…) ;
- des dispositions relatives à l’exportation de certains avantages (AF re-calibrées en fonction des écarts de niveaux de revenus dans certains cas, pensions de vieillesse).

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Quel est l’intérêt pour la France de conclure des conventions bilatérales ?

Il est difficile de définir l’intérêt des conventions bilatérales de façon générale et globale. Sa mesure est plus aisée au cas par cas mais elle dépend essentiellement des objectifs poursuivis, c’est-à-dire de l’angle d’approche que l’on retient. Par exemple :
- du point de vue des intérêts financiers de la sécurité sociale française, seule l’exportation des pensions, parce qu’elle permet notamment de limiter le recours au minimum vieillesse présente un intérêt, cet intérêt étant d’autant plus marqué que le partenaire est un Etat développé ;
- du point de vue des intéressés, une convention est en principe toujours intéressante, ne serait-ce que parce qu’elle comporte des dispositions de totalisation de périodes ;
- d’un point de vue économique, c’est la facilitation de l’expatriation (détachement) ou l’incitation à l’investissement étranger, créateur d’emplois, qui vont essentiellement intéresser ;
- du point de vue de la régulation de l’immigration, les conventions peuvent lever les obstacles au retour mais surtout limiter l’intérêt d’un déplacement de toute la famille.

On peut toutefois tenter de décrire l’intérêt des conventions bilatérales de sécurité sociale en classant les avantages qu’elles procurent en cinq grandes catégories :

1° l’exportation des pensions étrangères de vieillesse au bénéfice de résidents français, qui assure un revenu aux intéressés s’ils décident de revenir en France et limite ainsi leur recours au minimum vieillesse ;

2° le détachement de travailleurs qui permet d’offrir aux candidats à l’expatriation le maintien au système français dans toutes ses dimensions, et donc de faciliter l’expatriation ;

3° la régulation de l’immigration par des mesures destinées, a minima, à ne pas dissuader le retour et à ne pas encourager la venue de la famille du travailleur ;

4° le développement de l’attractivité du territoire français pour les investissements étrangers, développement qui participe à la création d’emplois sur le territoire ;

5° la diffusion dans le monde du modèle français de sécurité sociale et des valeurs qui le sous-tendent, condition indispensable à sa pérennisation dans le contexte de mondialisation des échanges.

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Les conventions bilatérales de sécurité sociale ont-elles un avenir ?

A l’évidence la réponse est positive, sauf à imaginer l’émergence à court terme d’une autorité internationale en matière de sécurité sociale qui serait susceptible d’édicter des normes internationales de coordination des systèmes. L’étroite corrélation entre les systèmes de sécurité sociale et le niveau de développement et de performance économique rend un tel horizon fort lointain, à supposer résolues les oppositions de nature plus idéologiques sur la philosophie des systèmes.

Cet avenir peut se constituer selon deux directions, non exclusives l’une de l’autre.

Modernisation du contenu.

Les conventions de sécurité sociale sont très fortement marquées par le contexte politique et économique qui prévalait lors de leur conception d’origine ; ce sont en fait des conventions destinés à favoriser les relations de la France avec son ex empire et à faciliter la venue en France de la main d’œuvre étrangère requise par les trente glorieuses. A l’évidence, les conventions bilatérales mériteraient de voir leur contenu adapté à des préoccupations plus actuelles. On peut citer, à titre d’exemple :
- la faiblesse des conventions actuelles s’agissant de la mesure des flux de population et de leurs conséquences financières qui se double, en toute logique, d’une quasi-absence de dispositions relatives aux échanges statistiques, a fortiori aux échanges dématérialisés ;
- l’absence de lien systématique entre convention de sécurité sociale et convention fiscale alors que le jeu cumulé des deux dispositifs peut permettre de les équilibrer ou, au contraire, de renforcer les avantages obtenus par l’un des pays ;
- la relative inadaptation des dispositions concernant le détachement qui prennent mal en compte les nouvelles formes de mobilité internationale, notamment au sein des grands groupes ;
- la faiblesse des dispositifs de coopération destinés à lutter contre les fraudes ;
- la séparation entre conventions de sécurité sociale et actions de coopération alors que le lien entre la performance du système national et celle de la convention bilatérale est patent.

Le développement géographique du réseau.

Le développement du réseau des conventions bilatérales de sécurité sociale ne peut être un objectif par lui-même. Compte tenu de son ampleur actuelle, ce ne peut être non plus une priorité. Toutefois, il convient d’avoir à l’esprit que des partenaires économiques d’importance de la France, ou des pays avec lesquels les flux de population sont importants, n’en font actuellement pas partie, tels l’Australie, le Mexique et le Brésil. En outre, des Etats très proches de la communauté francophone (Viêt-Nam, Liban, Cambodge) en sont également exclus.

C’est aujourd’hui principalement sur la vie conventionnelle (réunions régulières des commissions mixtes) et la modernisation des conventions que se déploie l’activité de la DACI dans ce champ. Elle tente en parallèle de développer les relations, au-delà des liens qu’elle entretient avec le ministère des affaires étrangères, les postes diplomatiques et les organisations de français de l’étranger, avec les réseaux d’entreprises ayant recours à la mobilité internationale.

Liste des conventions bilatérales - Site du CLEISS

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