1) Pourquoi les règles
d'affiliation à la CMU sont-elles modifiées aujourd'hui
pour certains ressortissants communautaires ?
Comme les autres pays de l'UE, la France a l'obligation de se
mettre en conformité avec la directive
communautaire n°2004/38/CE du 29 avril 2004 qui fixe les
règles applicables en matière de régularité
du séjour des ressortissants communautaires.
Or ces règles ont une incidence directe sur l'affiliation
à la CMU en France. Cette directive a été
transposée dans la loi
du 24 juillet 2006 sur l'immigration et l'intégration,
puis par le décret
du 21 mars 2007. Cette transposition a également été
complétée par la loi
du 5 mars 2007 sur le droit au logement opposable pour répondre
à la situation des personnes entrées en France pour
y chercher un emploi. Enfin, la circulaire
N°DSS/DACI/2007/418 de la direction de la sécurité
sociale du 23 novembre 2007 complète la transposition
de la directive en venant préciser certains points concernant
l’accès à la CMU. Cette circulaire prend effet
le 23 novembre 2007.
2) En quoi ces nouvelles règles pour le droit
au séjour ont une incidence sur l'affiliation à
la CMU en France ?
En fixant de nouvelles conditions au droit au séjour,
la nouvelle directive européenne a des conséquences
directes sur l'accès à certaines prestations sociales
en France. C'est le cas notamment pour la CMU de base et la CMU
complémentaire qui reposent sur une double condition préalable
de résidence stable en France et de régularité
au séjour.
3) Quelles sont les nouvelles conditions au droit au
séjour fixées par la directive européenne
?
Au titre de la directive 2004/38, la régularité
du séjour des ressortissants communautaires inactifs dans
un autre Etat membre que leur Etat d’origine est conditionnée
par 2 critères :
- la détention d'une couverture maladie complète
;
- des ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge
déraisonnable pour les finances de l'Etat d'accueil.
Autrement dit, un ressortissant communautaire inactif venant résider
en France ne peut se prévaloir d’un droit au séjour
s’il n’est pas titulaire au préalable d’une
couverture maladie.
4) Que se passe-t-il si un ressortissant communautaire
ne remplit pas ces deux conditions et qu'il tombe malade ?
Lorsque ces deux conditions ne sont pas ou plus remplies, cette
personne ne bénéficie plus d'un droit au séjour
et devient irrégulière. Si cette personne tombe
malade et qu'elle réside en France depuis moins de 3 mois,
elle bénéficie du "dispositif soins urgents".
Si elle réside depuis plus de trois mois en France, elle
peut bénéficier de l'Aide Médicale d'Etat
(AME) si elle en remplit les conditions, notamment de ressources.
5) Au regard de la CMU, qui est affecté par ce
changement ?
De manière générale, ces règles s’appliquent
aux ressortissants d’un Etat de l’Union européenne,
de l’Espace Economique Européen et de la Suisse (sous
réserve des spécificités propres à
l'accord UE-Suisse) et les membres de leur famille, que ces derniers
soient ou non ressortissants des Etats sus-visés.
Plus précisément, sont concernés aujourd’hui
les inactifs et les demandeurs d’emploi récemment
installés en France et qui ne sont pas bénéficiaires
de la CMU au 23 novembre 2007. A l’avenir, seront concernées
les inactifs et les demandeurs d’emploi désireux
de s’installer en France.
On entend ici par inactif toute personne qui n’exerce pas
une activité professionnelle et donc sans affiliation à
l’assurance maladie à titre professionnel. On entend
ici par demandeur d’emploi, toute personne entrée
en France pour y rechercher un emploi.
6) Les personnes titulaires d’un
formulaire E 106 pourront-elles accéder mécaniquement
à la CMU à l'expiration de la durée de validité
de leur formulaire ?
Seuls les ressortissants communautaires inactifs qui répondent
aux deux conditions suivantes pourront bénéficier
de la CMU de base s'ils le souhaitent :
- résider en France avant le 23 novembre 2007
- être titulaire ou avoir été titulaire d'un
E 106 au 23 novembre 2007.
Pour les autres, l'accès à la CMU de base n'étant
pas permis, ces personnes devront se doter d'une couverture maladie
pour continuer à être régulières au
séjour, à l'expiration de leur formulaire E 106.
7) Au regard de la CMU, qui n’est pas affecté
par ce changement ?
Les ressortissants communautaires bénéficiaires
de la CMU au 23 novembre 2007 ne sont pas concernés car
au moment où leur demande d’accès à
la CMU à été instruite, la condition préalable
de régularité du séjour était considérée
comme remplie sans conditions.
Pour ces personnes et après examen de leur dossier par
la CPAM du lieu de résidence, elles seront maintenues à
la CMU.
8) Qu’en est-il des étudiants et des retraités
?
Ces deux catégories de personnes entrent dans le champ
de la directive et sont donc soumises à la nécessité
d’avoir une couverture maladie.
En pratique toutefois, les étudiants bénéficient
soit de la couverture maladie de leur pays d’origine ou,
à défaut, de la sécurité sociale étudiante
française lorsqu’ils sont âgés de moins
de 28 ans.
Pour les retraités, dans la très grande majorité
des cas, ils bénéficient d’une couverture
maladie de leur précédent Etat d’emploi s’ils
sont titulaires d’une pension de vieillesse de ce même
Etat et si cette pension ouvre un droit aux soins de santé.
9) Au bout de combien de temps de résidence en
France, un ressortissant communautaire peut avoir droit à
la CMU automatiquement ?
La nouvelle directive européenne du 29/04/2004 précise
qu'à l'issue de 5 années de résidence régulière
et ininterrompue dans le pays d'accueil, tout ressortissant communautaire
acquiert un droit de séjour permanent dans l'Etat d'accueil.
Autrement dit, ce droit au séjour permanent acquis à
l'issue de 5 ans de résidence en France permet à
tout ressortissant communautaire de bénéficier de
la CMU.
Ce droit au séjour permanent est instruit par le service
des étrangers de la préfecture du département
de résidence.
10) Quels sont les cas particuliers qui peuvent conduire
à permettre l’accès à la CMU pour des
ressortissants communautaires avant l’expiration d’un
délai de 5 ans de résidence régulière
et ininterrompue?
Lorsque l’une ou l’autre des conditions permettant
la régularité au séjour des ressortissants
communautaires inactifs (ressources suffisantes, couverture maladie)
n'est plus remplie cela n’entraîne pas mécaniquement
une disparition du droit au séjour.
En effet, si certaines circonstances sont réunies et en
particulier si le ressortissant communautaire est confronté
à un accident de la vie, un maintien du droit de séjour
existera pour celui-ci et les membres de sa famille et rendra
possible un recours à la CMU.
La situation d’accident de la vie est constituée
lorsque la personne doit faire face à des circonstances
imprévisibles rendant problématique l’accès
à une couverture maladie pour des raisons financières
ou sanitaires (séparation ou décès d’un
conjoint, cessation de la vie maritale, refus d’assurance
en cas de maladie grave, non prévisible au moment du changement
de résidence…).
Contact :
Pour toute information complémentaire concernant leur
situation personnelle, les personnes concernées peuvent
s'adresser aux services de la CNAMTS (service
téléphonique international + 33 (0)8 20 90 42 12)
ou au CLEISS (+ 33 (0)1 45 26 33 41).
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