I - UN SYSTEME FONDÉ SUR LA RÉPARTITION
L'ensemble des régimes obligatoires de base ou complémentaires
de retraites fonctionne en France sur le mode de la répartition. Les
régimes redistribuent au cours d'une année, sous forme de pensions
versées aux retraités, les cotisations encaissées la
même année auprès des actifs .
Si les règles des différents régimes de retraite en France
répondent à des conceptions différentes, elles reposent
toutefois sur des principes communs.
Tous les régimes obligatoires, à des degrés divers, intégrent
des mécanismes de solidarité :
- Solidarité entre les générations , puisqu'ils sont
en répartition,
- Solidarité à l'intérieur d'une même génération,
dans la mesure où ils organisent de larges redistributions entre
les différentes catégories socio-professionnelles et les sexes.
Ces principes de solidarité s'exercent à la fois au sein des
régimes, entre les régimes, et au-delà des régimes
au niveau national.
Au sein des régimes, quatre mécanismes interviennent :
- le taux de cotisation n'est pas modulable en fonction des écarts
d'espérance de vie. Le système s'éloigne donc d'une
logique de pure assurance,
- les aléas de carrière sont pondérés dans les
régimes de base surtout, avec l'attribution d'un minimum de pension
et la prise en compte de périodes peu ou pas travaillées
- le calcul des pensions intègre les avantages liés à
la famille,
- tous les régimes attribuent, avec ou sans condition de ressources,
des pensions de réversion au conjoint survivant.
Entre les régimes, il existe :
- des transferts, et donc une solidarité, entre les régimes
de base,
- des mécanismes de coordination inter-régimes.
La solidarité au niveau national prend différentes formes :
- une pension minimum (le minimum vieillesse) attribuée à
toutes les personnes âgées qui disposent de faibles ressources,
- des subventions de l'Etat attribuées à certains régimes
: exploitants agricoles, SNCF, RATP, mines, marins ...
- diverses taxes affectées aux régimes de retraite ;
- le fonds de solidarité vieillesse (FSV) verse le minimum vieillesse
et certains avantages familiaux. Il verse aussi des cotisations au titre
du service militaire, du chômage et de la préretraite.
Le système de retraite en France est organisée en trois niveaux
: un régime de base obligatoire, un régime complémentaire
souvent obligatoire, un régime facultatif.
II - LE CALCUL DE LA PENSION
Le mode et les éléments de calcul de la pension différent
selon les régimes. On distingue :
- les régimes en annuité
- Les régimes de base des salariés du secteur privé,
- les régimes spéciaux des salariés du secteur public
et assimilés et les régimes alignés calculent les droits
à la retraite sur la base du nombre d'années de cotisations
: les " annuités " selon trois modèles :
- Le régime général garantit, sous condition d'âge
minimal et de durée d'assurance, 50 % du salaire de référence
- Le régime des fonctionnaires garantit, sous condition d'âge
et de durée d'assurance, 75 % du revenu d'activité hors
primes. L'emploi doit avoir été effectivement occupé
depuis 6 mois au moins au moment où l'intéressé
cesse son activité
- Les régimes des professions libérales garantissent une
prestation forfaitaire variable uniquement en fonction de la durée
d'assurance ; le régime des mineurs répond à la
même logique.
- les régimes complémentaires : le calcul en point
L'autre modèle de fonctionnement est celui des
régimes complémentaires, au premier rang desquels les régimes
complémentaires de salariés : ce sont les régimes dits
" en points ". La pension proportionnelle des exploitants agricoles
relève du même code de calcul.
Chaque année, le montant des cotisations versées en fonction
" du salaire de référence " est traduit en points,
compte tenu d'une valeur d'achat unitaire. Ainsi, chaque assuré peut
acquérir x points au cours de sa carrière. La retraite perçue
sera fonction du nombre de points acquis ; la valeur du point est fixée
chaque année par chaque régime.
III - LE MINIMUM VIEILLESSE
Créé en 1956, le minimum vieillesse est une garantie pour toute
personne âgée résidant en France de bénéficier
d'une somme minimale pour vivre. Il a été institué pour
les personnes âgées qui n'ont pas acquis de droits suffisants
pour obtenir l'assurance vieillesse de la sécurité sociale.
L'accès au minimum vieillesse est soumis à des conditions :
- d'âge : 65 ans (ou 60 ans si la personne est invalide ou inapte
au travail),
- de ressources
- de résidence régulière en France.
IV - LES PRESTATIONS VERSÉES AUX CONJOINTS VEUFS
Le conjoint survivant dépourvu de ressources ou dont
les ressources propres sont insuffisantes bénéficie d'une pension
de reversion, calculée en fonction de la pension dont bénéficiait
ou aurait bénéficié le conjoint décédé.
Dans les régimes spéciaux, la pension de réversion est
versée sans condition d'âge (sauf exception).
Dans le régime général, elle est versée à
partir de 55 ans. Avant cet âge, les personnes veuves sont éligibles
à l'ASSURANCE VEUVAGE . L'allocation veuvage est versée, sous
condition de ressources, pendant deux ans, aux personnes ayant été
mariées âgées de moins de 55 ans au moment de la demande
assurant ou ayant assuré la charge d'au moins un enfant.

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