Vous trouverez les réponses
aux questions générales que vous pouvez vous
poser sur ces exonérations, en sélectionnant
un des thèmes ci-dessous:
Le texte de ces questions-réponses
est conforme à la circulaire
DSS/5B/2007/422 du 27 novembre 2007.
Quels sont mes nouveaux
avantages ?
1. Je suis salarié :
de quel avantage vais-je bénéficier ?
En matière
de cotisations sociales, vous bénéficiez d’une
exonération d’un montant égal aux cotisations
et contributions que vous acquittez normalement sur l’ensemble
de la rémunération de vos heures supplémentaires
(dans la limite de 21,5 % de leur rémunération).
Par exemple, si vous êtes au SMIC à 39 heures,
vous gagnerez 40 € de plus par mois.
En outre, vous ne paierez pas d’impôt
sur le revenu sur cette même rémunération
: votre salaire imposable ne comprendra plus la rémunération
de vos heures supplémentaires.
2. Je suis salarié, est
ce que tout cela va changer mes droits à retraite
?
Non, vos droits resteront calculés
en fonction de l’intégralité de votre
rémunération.
3. Est-ce que la manière
dont mon employeur majore les heures supplémentaires
va changer ?
Si vous travaillez
dans une entreprise d’au plus 20 salariés et
si votre employeur appliquait le taux de majoration transitoire
de 10% initialement autorisé par la loi jusqu’au
31 décembre 2008, vos heures supplémentaires
seront majorées dès le 1er octobre 2007 de
25% au lieu de 10%, sauf convention collective contraire.
Pour le reste,
les différentes règles du droit du travail,
qu’elles soient d’origine légale ou conventionnelle,
restent inchangées. Ceci est vrai pour le taux de
majoration applicable aux heures supplémentaires
(à l’exception du cas cité plus haut),
pour le droit à repos compensateur, pour le contingent
d’heures supplémentaires, etc.
Seul l’assujettissement
aux cotisations sociales et à l’impôt
sur le revenu est modifié
4. Je suis employeur : quels
sont les avantages dont je vais bénéficier
?
Si vous êtes
un employeur du secteur privé (*), vous bénéficiez
pour chaque heure supplémentaire effectuée
par vos salariés à temps complet d’une
exonération de 0,50 € (pour les entreprises
employant plus de 20 salariés) ou 1,50 € par
heure (pour les entreprises employant de 1 à 20 salariés).
Par ailleurs, vous bénéficiez également d’une modification
de la formule de calcul de l’allègement Fillon qui neutralise
l’impact de la majoration des heures supplémentaires sur
le montant de la réduction perçue.
(*) il s’agit en l’occurrence
de l’ensemble des employeurs dont les salariés
relèvent de l’assurance chômage –
ce sont également l’ensemble des employeurs
qui sont dans le champ de l’allègement général
de cotisations (" allègement Fillon ").
Qui a le droit à
ces nouvelles exonérations ?
5. Je suis un salarié
avec un régime particulier ; est-ce que j’ai
droit aux nouvelles exonérations ?
Oui, la loi est applicable à
tous les salariés, qu’ils soient cadres ou
non-cadres, en CDI, en CDD, en emploi saisonnier, en intérim,
conjoint salarié d’un gérant d’entreprise
(même s’il ne cotise pas aux ASSEDIC), qu’ils
travaillent à temps complet, ou à temps partiel
(voir dans ce cas la réponse à
la question 9), dans une entreprise privée ou
publique …
6. Je suis agent public ; à
quelles exonérations ai-je droit ?
D’une manière générale,
les agents publics titulaires bénéficient
d’exonérations au titre des indemnités
horaires pour travaux supplémentaires (IHTS) et des
indemnités d’intervention effectuées
à l’occasion des astreintes. Les personnels
contractuels peuvent également être exonérés
pour les heures supplémentaires qu’ils accomplissent.
Les cas
plus spécifiques sont détaillés dans
le document ci-joint.
7. J’exerce mon activité
dans les DOM – Puis-je bénéficier des
nouvelles mesures relatives aux heures supplémentaires
?
Oui, la loi est applicable aux DOM,
dans les mêmes conditions.
Au fait, c’est
quoi une heure supplémentaire ?
8. Quelle est la définition
des heures supplémentaires ?
La loi TEPA
ne modifie pas la définition des heures supplémentaires
telle qu’elle résulte du code du travail :
constituent des heures supplémentaires les heures
effectuées par le salarié à la demande
de l’entreprise au-delà de la durée
légale du travail (35 heures hebdomadaires ou 1607
heures annuelles) ou de la durée équivalente.
9. Quelles sont
les heures ou durées de travail supplémentaires
bénéficiant des exonérations ?
Sont concernées
les heures supplémentaires visées à
la question précédente, ainsi que :
- lorsqu’un accord collectif
le prévoit, les heures choisies effectuées
avec l’accord du salarié au-delà du
contingent annuel d’heures supplémentaires
;
- l’ensemble des heures complémentaires autorisées
par le droit du travail, effectuées par les salariés
à temps partiel au-delà de la durée
prévue à leur contrat, y compris celles
effectuées dans le cadre d’un temps partiel
annualisé ; dans le cas des heures complémentaires,
seul le salarié bénéficie d’une
exonération ;
- aux jours de repos auxquels renoncent
les salariés qui sont en forfait annuel en jours
au-delà de 218 jours par an.
10. Les heures supplémentaires
effectuées une semaine où tombe un jour férié
sont-elles bien exonérées ?
Oui. La totalité des heures supplémentaires
effectuées pendant les autres jours d’une semaine
comportant un jour férié et dont la rémunération
est majorée, sont exonérées.
11. Mon entreprise est à
39 heures ; les heures supplémentaires " structurelles
" qui en découlent ouvrent-elles droit à
exonération ?
Oui. Car c’est
le seuil légal (35 heures) qui joue.
Si votre entreprise
n’accorde pas de jours de réduction du temps
de travail (jours RTT), les heures que vous effectuez toutes
les semaines de travail entre la 36e et la 39e heure sont
bien des heures supplémentaires et donnent droit
aux nouvelles exonérations.
Les heures
supplémentaires structurelles résultant soit
d’une durée collective de travail supérieure
à la durée légale, soit d’une
convention de forfait qui intégrerait déjà
un certain nombre d’heures supplémentaires,
sont payées, majorées et exonérées
fiscalement et socialement, y compris en cas d’absence
du salarié donnant lieu à maintien de salaire
(congés payés, maladie…).
A l’inverse
si dans votre entreprise, la durée collective a été
fixée à 32 heures par semaine, vous ne serez
exonéré qu’à partir du moment
où vous dépassez 35 heures hebdomadaires puisque
les heures entre la durée collective (si elle est
inférieure à 35 heures) et 35 heures ne sont
pas des heures supplémentaires.
12. Certaines sommes marquées
sur mon bulletin de paie comme heures supplémentaires
ne sont pas reprises dans le calcul des exonérations.
Est-ce normal ?
Ceci peut arriver quand l’employeur
décide de majorer des heures supplémentaires
au-delà de ce qui est prévu par la loi et
la convention de branche (cf. question 18),
ou de majorer des heures qui ne sont pas des heures supplémentaires.
13. Comment fonctionnent les
exonérations salariales en cas de repos compensateur
?
Dans la mesure
où le salarié récupère ces heures
supplémentaires et n’est pas payé, il
n’y a pas lieu à exonération.
En revanche, dans les situations mixtes
où les heures supplémentaires sont partiellement
rémunérées " en temps " et
" en argent ", l’exonération salariale
(sociale et fiscale) est bien applicable à la rémunération
" en argent ".
14. En tant que salarié,
puis-je demander à mon employeur d’exécuter
des heures supplémentaires (ou complémentaires)
?
Le recours aux heures supplémentaires
ou complémentaires relève de l’initiative
de l’employeur. Le salarié n’est donc
pas en droit d’exiger l’accomplissement de telles
heures, mais il peut informer son employeur qu’il
est volontaire.
15. Un employeur peut-il imposer
des heures supplémentaires (ou complémentaires)
à un salarié ?
Un employeur peut exiger d’un
salarié l’accomplissement d’heures supplémentaires
ou complémentaires à condition de respecter
le cadre régissant le recours à ces heures.
Comment se calculent
les exonérations de cotisations sociales ?
16. Quel est le montant de l’exonération
salariale ?
Il est égal
à la rémunération des heures supplémentaires,
y compris leur majoration (cf. question 18),
multipliée par le taux moyen des cotisations et contributions
sociales qui peut être calculé à partir
du bulletin de salaire..
Ce taux moyen est égal en effet
à la somme des cotisations et contributions salariales
rendues obligatoires par la loi (cotisations maladie, assurance
vieillesse de base et retraite complémentaire, chômage,
CSG, CRDS) divisé par le salaire brut du mois. Ce
taux est plafonné à 21,5 %. Cette limite est
toutefois très rarement dépassée.
17. Faut-il prendre en compte
le taux des cotisations versées à des régimes
de prévoyance (cotisations à une " mutuelle
") ?
Non, ces cotisations,
qui ne s’appliquent que dans certaines entreprises,
ne sont pas rendues obligatoires par la loi.
18.
Quel taux de majoration des heures supplémentaires
doit-on prendre en compte pour le calcul de la réduction
salariale de cotisations ?
- Si la convention collective de la
branche prévoit un taux de majoration des heures
supplémentaires, et que votre employeur applique
ces dispositions, les exonérations sont calculées
sur l’intégralité de la rémunération
des heures supplémentaires y compris la majoration
appliquée ;
- Si votre employeur retient
un taux de majoration supérieur à l’accord
de branche, ou si votre convention collective ne prévoit
pas de disposition en matière de majoration des
heures supplémentaires, ce sont les taux pratiqués
par votre employeur qui sont retenus pour le calcul de
l’exonération, dans la limite de 25% (ou
50% au delà de la 8e heure).
19.
Que se passera-t-il si mon employeur n’a pas pu calculer
les exonérations dès le mois d’octobre
ou se rend compte d’une erreur ?
Votre employeur pourra établir
un bulletin de paie rectificatif et régulariser les
montants d’exonération dans le cadre des opérations
qu’il effectue en fin d’année pour l’établissement
des déclarations annuelles de données sociales
(« DADS »). Vous bénéficierez
ainsi sur l’année 2007 de l’intégralité
de vos droits à exonération, que ce soit en
matière sociale ou fiscale.
20. Est-ce que mon bulletin
de paie va beaucoup changer ?
Non, il fera
apparaître le montant des nouvelles exonérations
venant en déduction des sommes dues.
Cliquez ici pour comparer les
bulletins avant / les
bulletins après le 1er octobre
21. Je suis un employeur qui
bénéficie déjà de la réduction
Fillon : puis-je également appliquer la déduction
forfaitaire patronale ?
Oui, vous pouvez en bénéficier
au titre des heures supplémentaires (mais pas des
heures complémentaires) rémunérées,
dans la limite des cotisations patronales dues aux Urssaf.
Quelles sont les obligations
à respecter ? Que se passera-t-il en cas de contrôle
?
22. Y aura-t-il des contrôles
particuliers à l’occasion des exonérations
sociales sur les heures supplémentaires ?
Non.
Les contrôles seront effectués
dans les mêmes conditions qu'actuellement ; ils ne
seront pas plus fréquents ni plus ciblés sur
ce point particulier. Les contrôles seront menés
dans le respect des règles qui sont notamment édictées
dans la Charte du cotisant contrôlé.
Dans un premier temps, pendant la phase
d’appropriation de la loi, consigne est donnée
aux Urssaf, en cas d’erreur non intentionnelle, de
ne pas redresser et d’expliciter les anomalies afin
de les corriger pour l’avenir.
23. Y a-t-il de nouveaux documents
à produire ?
Non.
Les inspecteurs des Urssaf s’appuieront
sur les documents que doivent établir les entreprises
conformément à ce que prévoit déjà
le code du travail.
Ces documents permettent de repérer
pour chaque salarié, les semaines où sont
effectuées les heures supplémentaires.
Si la présentation utilisée
par l’entreprise ne fait pas apparaître ces
informations, un récapitulatif sera produit pour
simplifier, dans un intérêt réciproque,
le contrôle. Ce document doit établir un décompte
hebdomadaire, mais il n’a pas à être
établi chaque semaine. Il peut n’être
mis à jour que périodiquement, par exemple
une fois par mois ou par trimestre.
Si ce document est produit, accompagné
des informations relatives aux jours d’absence du
salarié, aucun autre document ne sera requis par
les URSSAF en ce qui concerne le décompte des heures
supplémentaires exonérées.
Enfin, lorsque les heures supplémentaires
résultent d’un horaire collectif supérieur
à la durée légale et font l’objet
d’une rémunération mensualisée,
l’employeur n’est pas tenu d’établir
ce document.
Cliquez ici
pour voir à quoi peut ressembler ce document
24. Les exonérations
ne sont pas accordées en cas de non respect des dispositions
légales et conventionnelles relatives à la
durée du travail. Qu’est ce que cela veut dire?
Ce cas concerne
notamment les heures qui dépassent les limites fixées
par la loi ou les convention collectives (durées
maximales journalières ou hebdomadaires…).
Les heures
concernées n’ouvriront pas droit à exonération,
sans que soient cependant remises en cause les exonérations
calculées sur les heures comprises à l’intérieur
de ces limites légales ou conventionnelles. Par ailleurs,
seules les exonérations des salariés concernés
par le non respect des dispositions légales ou conventionnelles
seront affectées.
En outre,
sans préjudice des dispositions du code du travail
et des conséquences de leur non-respect en matière
de droit du travail, les exonérations ne seront pas
remises en cause pour les heures supplémentaires
effectuées au-delà du contingent annuel d’heures
supplémentaires.
25. Que se passera-t-il sur
le plan fiscal pour le salarié en cas d’erreur
repérée lors du contrôle de son employeur
?
Les rémunérations exonérées
à tort, qui ne correspondent pas à des heures
supplémentaires, seront imposées sans application
de pénalités, l’erreur ne lui étant
pas imputable.
26. Qu’est ce que je dois
faire pour bénéficier de l’exonération
fiscale du surplus de salaire qui est lui-même exonéré
de cotisations salariales ?
La déclaration
de revenus est aménagée pour cela : une case
nouvelle est créée, permettant d’isoler
la rémunération exonérée, qui
est la même que celle retenue pour le calcul des exonérations
de cotisations salariales.
Comme pour les autres revenus,
il suffit donc de vérifier le montant prérempli,
et le cas échéant de le corriger, ou encore
de compléter la case, à partir des informations
fournies par l’employeur, si le montant n’est
pas prérempli.
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